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La mousse PU dégage-t-elle des VOC?



Non.  Les VOC sont des "Volatil Organic Compounds", des matières organiques volatiles.  Le PU est particuilièrement stable chimiquement et ses composants sont imbriqués solidement dans la structure cellulaire. Contrairement à des plastiques utilisant des phtalates pour les rendre flexibles et dont les phtalates se libèrent du plastique avec le temps, le PU a sa flexibilité propre qui vient de sa structure même et n'a pas de nécessité d'inclure des phtalates.

La mousse PU est elle recyclable?



Oui. La mousse peut-être récupérée mécaniquement, broyée en grains qui sont réincorporés dans la fabrication de pièces en mousse, comme des panneaux isolants par exemple. Ceci est purement mécanique, sans solvants ni traitement chimique ou de chaleur.  Les grains sont repris intégralement dans le produit final de même nature.

La mousse PU isolant sous chape, comment comparer les offres?



Pour juger d'une offre de moussage sous chape, les informations suivantes permettent de jauger l'entreprise:

- demandez comment il définissent le travail achevé: tolérance sur l'épaisseur, sur la planéité, sur la densité, sur le jointoyage contre les parois verticales périmétriques, et donc comment on les mesure, quand, et quel retour avez-vous sur ces mesures.

- demandez de spécifier dans l'offre les composants exacts utilisés, càd les références du fabricant (en principe dont ils vous auront donné les fiches..),

- demandez les fiches techniques des produits, càd tant du produit appliqué et sous leur emblème, que des composants (donc les fiches du fabricant),

- demandez les fiches MDS (sécurité produit),

- demandez les conditions d'application, qui les juge au moment du boulot, les alternatives (chauffage? primer? annulation?), qui fournit le chauffage si nécessaire,

- demandez l'identité des pistoleurs, leur temps dans la firme, leur m2 pistolés, leur expérience précédente dans le domaine.

- demandez des références, avec les No de tél,

- arrangez-vous pour laisser savoir que vous serez sur place toute la journée du pistolage, avec votre archi, (z'enverront pas les débutants),

- préférez un surcoût proportionnel à la densité, et prenez une marge de sécurité, 30Kg/m3 est à la limite de la limite (car vers 28Kg/m3 et plus bas la résistance à la compression s'écroule car les cellules fermées deviennent ouvertes) et le moindre pépin qui s'en écarte devient un réel problème.  Nous conseillons 40Kg/m3 au moins de "densité libre" suivant la fiche technique.  Le coût de matière pour l'entreprise est directement lié aux Kg par m3... d'où la tendance vers le bas.

La mousse PU sous chape, est-elle applicable à 5°C?



Plus la température est basse, plus les problèmes sont difficiles à gérer.  La bonne réponse est sans doute de construire une relation fiable avec une entreprise fiable, qui a l'expérience de gérer cela et l'a prévu dans son offre.

Comment pistoler dans la maison par temps froid..



On peut chauffer les locaux, mais...

Attention en chauffant, on augmente le risque de condensation sur les paroi froides, par ex. le sol. Et cette humidité diminue la qualité du PU là ou il doit se coller...

Donc, soit chauffer beaucoup et fort: louez la puissance largement suffisante, cela vous évitera aussi de préchauffer pendant des heures..., et baissez la température de l'air de qqs degrés au début du pistolage.

Et sècher, peut-être?

Dans le cas de chapes, on n'est pas trop stressé à ce que la mousse colle très bien sur son support, "puisque le poids de la chape va venir la tenir au sol".  Oui... on peut penser cela, et on peut aussi penser que le collage amène une meilleure qualité globale...  Dans ce cas, soit mettre un sècheur d'air (se loue aussi), qui va baisser l'humidité relative du local, sècher les parois, etc... Le sècheur refroidit l'air, en extrait l'eau par condensation, et reréchauffe l'air avant de l'expulser: il consomme relativement peu pour un très bon sèchage, bien plus efficace que la chaleur pour sècher. Mais comme la mousse a besoin de support sec et de chaleur, on peut jouer la combinaison des 2 suivant le type de locaux et les conditions.

Le top, pour passer pour un maniaque... et être un peu plus certain du résultat...

Dans les applications industrielles sur des bétons, on met souvent un primer qui élimine le problème de l'humidité remontant du béton (car si on chauffe ou sèche, l'humidité plus profonde remonte doucement, en continu, en tout cas jusqu'à ce qu'il y en ait plus). Le béton se réchauffe plus vite, car il n'a plus besoin d'évaporer son humidité. Ainsi on n'a plus besoin de faire gaffe à tout, et le réchauffage suffit. De plus, le collage du PU pistolé s'en trouve amélioré et plus sûr.

La mousse PU sous chape, quelle épaisseur?



Attention: si vous chauffez par le sol, l'isolant est entre l'élément chauffant et l'extérieur.. et la déperdition est beaucoup plus forte que les mur / toit, car elle est proportionnelle à la différence de température entre dedans et dehors.

Par ex. si votre maison est à 20 degrés, dehors zéro et votre chape chauffante à 40 degrés dans sa zone inférieure, la diff. de temp. est 2 fois plus grande pour l'isolant de chape que pour l'isolant des murs.

En plus, la chaleur qui part par cet isolant sous chape n'a même pas servi à chauffer la maison !  Elle est directement perdue dehors.  Autrement dit, dans cet exemple, votre isolant sous chape chauffante devrait être au moins 2 fois plus performant que celui des murs.

Au moins... car c'est une perte sèche, et en plus vous avez dimensionné votre système de chauffage, votre cuve, chaudière, cheminée, etc. pour la consommation totale en y incluant cette perte sèche. Plus bête que ça, tu meurs...

Donc, assurez-vous, par le calcul et suivant vos conditions particulières, que vous isolez d'une manière rentable et cohérente: ce sera tout à votre profit.

La mousse PU s'écrase-t-elle avec le temps?



On nous demande: "Est-ce vrai qu'il y a un risque de tassement, environ 1mm/cm d'épaisseur? Mais ce risque est à confirmer car je ne connais pas de cas où cela est arrivé. C'est dans mon cas juste une rumeur dont on commence à parler."

1 - Si c'est une rumeur, n'en parlez pas, faites votre recherche, car si vous en parlez, la rumeur c'est vous qui la faites.

2 - Ni vrai ni faux: imprécis. 

Je puis vous montrer de la mousse PU écrasée par trop de force par cm2 (on parle de pression), et je peux vous montrer des constructions de 30 mètres de haut, comme des réservoirs de carburant de 50 mètres de diametre, entièrement posés sur de la mousse de PU.  Un autre poids que nos maisonnettes...  

Il existe des mousses PU de densité allant de 7Kg/m3 à 600 Kg/m3, avec des résistances à la compression allant de (pas grand chose), passant par 2 - 5 Kg/cm2 pour les chapes et des mousses de PU atteignant plus de 20 Kg/cm2, utilisées notamment pour l'isolation des fondations des tanks dans les raffineries de pétrole, là où seule la qualité compte.

Donc, dire que tel matériau ne résiste pas à quelque chose, faut préciser exactement quel matériau, quelle contrainte, quel standard de test même (comme cela, ce n'est plus des "on dit").

Tonnerre, avec les vendeurs qui refileraient des bretelles à un serpent et les amateurs qui discutent si la couleur des bretelles va au serpent, on est perdus: si vous avez des infos, référencez-en une source fiable, ou faites-en d'abord la recherche avant de lancer des "on dit" à toutes les sauces, sinon on n'avance pas.

Peut on pistoler la mousse PU sur les murs?



Oui, mais avec un pistoleur expérimenté dans ce type de travail, ce qui veut dire quelques années au moins.

Les coulées sont un signe d'un pistoleur (très) inexpérimenté en murs / plafonds. On peut d'ailleurs dire la même chose au sujet du plâtre: les semi-amateurs ont du mal en murs, et s'ils font un plafond y'en a pas mal qui finit au sol.

De même un pistoleur expérimenté (et dont on paie l'expérience et le temps pour le faire convenablement) devrait être capable de repérer au préalable la déformation du mur, et la compenser en grande partie, et terminer avec une surface qui peut être corrigée à la ponceuse et être plafonné par 2 cm de plâtre.

Peut-on plafonner sur du PU projeté?



Oui. (comme tout le reste, pas n'importe comment).

D'abord obtenir la surface plane du PU, ensuite il faut favoriser un accrochage soit mécanique (ponçage de la peau si elle est lisse, grattage pour créer des griffes, etc), soit par adhésion (passer une couche de produit accrocheur, éventuellement mélangé en barbotine de plâtre). Ensuite plafonner avec un plâtre à l'ancienne ou moderne.

Comme pour tout ce qui est différent, agir avec logique, calculer, faire des essais, pour bien cerner les difficultés.

Avis personnel donné après avoir fait ainsi des milliers de m2, dont une maison entière en 1976, plafonds inclus, propriétaire toujours très content et pas de problème à ce jour.  Mais je répète, faites bien votre préparation et tests de produits: cela marche si on est sérieux, càd si on agit avec méthode, qu'on pose bien les questions, qu'on se laisse pas berner par les vendeurs de produits, qu'on teste.  Car quand on fait pas comme les autres, on est tout seul...

La mousse c'est solide ?



Ni oui , ni non. Bien utilisée, intégrée à la conception, elle peut souvent apporter des qualités que les autres isolants n'ont pas, car ils ne sont ni autoportants, ni mis en continu sans joints. La mousse pistolée forme une coque continue qui peut - si bien conçu - participer grandement aux fonctions structurelles des parois, du bâtiment.

Faut savoir que hors du secteur bâtiment, les mousses sont considérées comme structurelles, càd participant à la structure: dans les avions (ouh! aaaah! ausecours! papossib!), dans les bateaux (aaargh! glouglou! ), dans les engins industriels (eeerk! ), dans vos pare-chocs de voiture (ausecours! plus jamais d'accidents , c'est trop risqué! papossib!), dans les caravanes et motorhomes (les meilleurs), votre frigo (papossib! enfin, les meilleurs…), des poutres autoportantes (bang! crash! suis sur que papossib!), des voutes autoportantes (paaaaahahapossib! non, papossib!). Ben si.

Il y a de l'humidité dans le support, est-ce que je peux...?



C'est un défaut, et il faut toujours traiter les défauts avant d'espérer contrôler la situation et l'améliorer (ou la modifier). 

Traitez l'humidité d'abord, reposez la question ensuite...

Les murs / pierres doivent respirer ?



Bien sur, et la cheminée doit laisser passer le Père Noël...

C'est une image incorrecte, répétée par ceux qui croient sans savoir, et par ceux que cela arrange de vous le faire croire. Et comme toute croyance, c'est basé sur pas grand'chose d'utile à votre liberté de choisir, et c'est donc exprimé avec des images erronées qui touchent vos émotions. 

Si votre but est de suivre la mode (du vert, du durable, de l'écolo, du bio, du traditionnel, du renouvelable, et de tout que qu'on vous vend en titillant vos émotions alors que vous n'arrivez pas à définir correctement ni ces termes ni la physique du bâtiment, et que vous croyez ce qu'on vous dit quand c'est dit de manière à vous le faire croire...) alors faites comme vous sentez.  Comme les soldats qui vont à la guerre en chantant, et reviennent.. éventuellement. 

Si vous êtes réellement concernés par cela, adressez vous à un bureau d'études (ou un ingénieur thermicien, pas un vendeur de peinture verte) expérimenté en gestion du climat intérieur, ou en thermique de construction. A peu près tous les autres que j'ai rencontré tombent dans le panneau de cette jolie image de la maison de Oui-Oui qui doit respirer… 

Il s'agit de phénomènes physiques qui s'évaluent par le calcul, pas par des impressions ni par des sentiments.  La méthode pour savoir de combien une partie d'un mur doit être pérméable à la vapeur d'eau s'appelle un "Diagramme de Mollier", et avec quelques tables et abaques, on détermine par calcul la perméabilité nécessaire à chacune des couches / matériaux du mur.

Un mur en pierre a besoin de respirer et le PU fera une barrière étanche?



Un mur est défini comme ayant un coté intérieur et un coté extérieur, et leurs fonctions sont différentes car ce qui s'y passe à un sens, et sans en connaitre le sens, on sait pas de quoi on parle…

Sans jeux de mots, un mur idéal n'a pas "besoin de respirer". Un mur mal conçu ou mal réalisé a besoin d'éliminer l'humidité qu'il ne devrait pas contenir: l'humidité ascensionnelle, sous forme d'eau liquide dans le bas des murs, la pluie éventuellement imprégnée par la face externe, l'humidité sous forme gazeuse (et si tout va mal, sous forme liquide, voire solide) originaire de l'activité dans la maison: respiration humaine, salles de bains, cuisine, etc. Cette dernière est dans l'air de la maison à une température donnée, à une concentration donnée (% HR), et la plupart de l'année sa pression sur le mur est de l 'intérieur vers l'extérieur, car (pour faire simple) la concentration à l'extérieur (% HR) est plus faible.

Si on a du coté chaud un pare-vapeur correctement calculé (oui, cela se calcule: y'a pas "des bons" et "des mauvais", il y a des "suffisants" ou "insuffisants" suivant le calcul du lieu, du mur, du moment, de la moyenne d 'année, etc.), il n'y a pas de transit d'humidité interne au travers du mur. Point. Si le mur est totalement pare-vapeur, il n'en souffre pas tant qu'il n'y a pas d'eau qui y entre.

Par contre cela met en évidence l'humidité intérieure qui augmente avec l'activité, et qu'il est bon de gérer, d'équilibrer.

Nos grand-mères ouvraient les fenêtres 2 fois par jour. Les gens modernes travaillent plus longtemps au bureau pour payer une VMC, simple ou double flux (c'est pour cela qu'ils ont plus le temps d'ouvrir les fenêtres..).

Sur un plafonnage direct sur mousse PU, on ne pourra jamais accrocher un cadre ?



Sur des plaques de plâtre… et dieu sait s'il y en a partout.  Mais c'est inexact: si on plafonne sur du PU, comme sa surface à plafonner n'est pas très plane, on met plus d'épaisseur de plâtre, et on est souvent à environ 15 - 20mm. De plus, le plâtre classique me semble beaucoup plus dur que celui des plaques. Enfin, étant collé sur la mousse rigide derrière, les forces entrant en jeu sont utiliement reprises par les substrats.

Dans cette direction, on va vers les ensembles de coques, plutôt que les ensembles lourds, les ensembles squelette + peau. Et donc le collage devient souvent la solution, car elle répartit la charge. On remplace le clou par un collage sur 2 cm2, ou par un collage sur toute la face arrière du cadre, de l'étagère, du meuble.
C'est le principe de l'évolution technique de la construction des voitures, des avions: on n'empile plus des ossatures les unes sur les autres pour finir par une peau qui a peu de qualités. On assemble des composants qui participent tous à la tenue de l'ensemble.

C'est une logique industrielle découlant d'une optimisation des ressources, notamment par le partage de l'information sur le projet entier, contrairement à l'art de construire qui est une parcellisation de petits détenteurs de savoir qui protègent les les droits corporatistes issue du moyen-âge.

Je ne veux pas une maison "trop" isolée: je ne pourrais pas vivre dans un thermos.



Moi non plus, je suis trop grand.

Ces images sont peu appropriées et font diversion sur l'analyse correcte, et empêchent le savoir de progresser, de se partager.

Evitons des images incorrectes qui transmettent surtout nos influences et nos sentiments.  Le confort climatique dans un bâtiment est complexe, il faut éviter d'influencer sa propre perception - et à fortiori celle des autres, merci - par des images incorrectes.

Car votre image de thermos, que veut-elle dire ?  Une isolation parfaite ?  Avez-vous tenté de vivre dans une isolation parfaite ? Pas plus que dans un thermos, semble-t-il.

Je peux en parler si intéressé: par exemple, une maison parfaitement isolée, zéro (0,00) ponts thermiques et zéro fuites d'air, sans VMC…  Aussi incroyable que cela paraisse, il y avait des portes et fenêtres, en en plus… on pouvait les ouvrir, les entrouvrir, les laisser ouvertes ou non, aller dehors, aérer dedans, sortir et re-rentrer, etc.

10 ans de bonheur. Dans une maison bien conçue, pas "un thermos".

Identifier cela à un thermos, c'est comme si je comparais le fait d'avoir une maison en pierre à "vivre dans une carrière", dans une maison en bois à "vivre dans la forêt", une maison sociale "vivre en parasite social", un chauffage par le sol "vivre dans une téfal", etc.
Dites que vous ne savez pas… simplement.

Des sociétés de projection de PUR refusent la projection sur des murs ou des plafonds ?



Car elles viennent (presque) toutes, et leurs pistoleurs aussi, du gros du marché: le pistolage des sols. Là ou l'ondulation est facile à reponcer (avec une ponceuse à sols), ou les petits défauts esthétiques seront masqués par la chape dans 24 heures…

Parce que elles ne savent pas le faire. J'ai vu faire des plafonds en 80mm en 2 passes: 60mm très régulier, mesurage et marquage, petites corrections là ou nécessaire, passe finale de 20mm très régulière.

Comme c'est plus délicat, un pistoleur qui a l'expérience de plusieurs pistolets, machines, gicleurs, etc, càd qui maitrise tout le sujet grâce à une expérience variée, va faire cela les doigts dans le nez…    Demandez aux pistoleurs qui ne font pas des sols…
Et c'est plus cher, pour les bons.
Tout cela est drôlement logique, non?

Le prix est-il justifié ?



Le prix doit aussi se justifier par rapport aux spécifications de la mousse: densité, tenue au feu, etc.  Càd une fiche technique complète du fabricant.

Entre de la mousse à 32Kg/m3 répondant à un standard de tenue au feu ridicule et une mousse à 50Kg/m3 ininflammable, le prix est logiquement du simple au double.

Attention: si on propose des bons produits, on a tendance à le préciser. Pas de précisions égale souvent "vaut mieux pas en parler".

Nous voudrions avant tout des matériaux écolos...



Vous indiquez le critère "écolo" pour le choix des matériaux éventuels.  Vous m'excuserez, mais après avoir défendu des principes similaires depuis au moins 40 ans, je suis un peu dépassé par l'usage universel de ce mot.  Je vous demanderais donc de bien vouloir définir les termes "écologique", "durable" et "bio", afin que leur usage ne serve pas à masquer des réalités particulièrement complexes puisque se voulant "globales", la seule dimension qui fasse sens à ma démarche et à l'information que je puis partager.

Les mousses à projeter sont en général des produits de synthèse fabriqués industriellement, comme pratiquement tout ce qui nous entoure, nourriture, habillement et habitation inclus, et inclus tout ce qui sert à faire les précédents, inclus les tracteurs et les bêches servant à la culture biologique.  La plupart des mousses dites "plastique" sont des produits "organiques", càd non-minéraux, et leur chimie est celle du vivant, d'où l'adjectif.  Les fabrications "organiques" sont basées sur le Carbone, Oxygène, Hydrogène principalement, et quelques autres.  Quasiment toute la production organique peut être faite à partir de n'importe quelle matière première organique: pétrole (eh, oui, le pétrole est organique et même sans doute le matériau le plus "bio" qui soit, puisqu'il est un résidu d'animaux et végétaux...), gaz de houille, charbon, ... maïs, patates, canne à sucre, grains de ricin, huiles végétales ou animales, viandes, etc., avec des niveaux d'efficience divers.  

Il manque un moratoire, un état des lieux et un "tarif" (des impacts, environnementaux, et les autres, dont les coûts financiers) qui permette de faire un choix justifié.  Car la vague verte / écolo / durable  n'a de global que sa nature sectaire, quasiment religieuse et la bénédiction, à commencer par les législateurs, dont on bénéficie en y souscrivant sans réserve et sans réflexion.
Les calculs d'énergie grise donnent une mesure du coùt énergétique d'un matériau, mais dans le cas de l'isolation thermique, il doit être complété par les gains réalisés par l'usage.  D'autre part, l'énergie grise par ex. de l'isolant "fibre de chanvre" est fort bon, mais sa production totale rend impossible toute utilisation en masse, et est un luxe que nous pourrions nous permettre grâce à notre niveau de vie découlant du gaspillage des ressources non-renouvelables, notamment pétrole, mais qui est impayable en masse et pour des petits budgets, à fortiori dans des régions moins nanties que la nôtre.

Enfin, ce calcul est réalisé en tenant compte d'un monde qui fonctionne au pétrole, càd d'une ressource dont la disponibilité est limitée dans le temps, bien que toute l'économie ne comptabilise pas la "valeur de remplacement" de ce pétrole (contrairement à tous les principes comptables), et donc fausse les bilans économiques.

Bref, je vous ai sans doute embrouillée... En bref, vous avez 2 directions: souscrire à la religion verte et suivre les conseils des vendeurs, prêtres improvisés de l'écologie, et prendre le matériau le plus mignon et écolo et vous aurez donné votre écot à la pensée unique.
Alternativement, vous pouvez faire un choix, càd déterminer vos critères, les valoriser et les relativiser, et tenter de faire par vos choix une réponse correspondant à vos valeurs.

La mousse polyuréthanne est elle efficace pour isoler une coque de bateau?



Avant tout, traitez parfaitement l'acier contre la corrosion, car la mousse n'apporte aucune amélioration de l'anti-corrosion, sinon qu'elle élimine éventuellement les creux, retours, retenues d'eau (de condensation, de ruissellement, autres..).
 
Pour la mousse, évitez les ragots de tous types, tant les "miracles" que les "catastrophes", car il y a autant de mousses que de formulateurs / fabricants, de spécification que d'applications, de résistances au feu que de reglementations, et de qualité d'application que de firmes et de pistoleurs. Evitez les firmes qui n'ont pas ...10 ans d'expérience: cela n'en laisse pas beaucoup, mais les vieux sont tous bons et ont tous appris à éviter les conneries graves.
 
Attention: on parle ici de mousse 2 composants à gonflage et durcissement instantané (10 secondes sec et dur) appliquée avec une machine bi-composant haute pression (équipement coutant entre 20 et 150.000 EUR suivant que c'est à jouet à emmerdes ou un vrai équipement fiable à terme). Ceci n'a pas grand chose de commun avec les mousses légères en bombes dont pratiquement aucun usage n'est suffisamment performant pour des bateaux, sinon caler un meuble.
 
La mousse bi-composant permet de pistoler pratiquement n'importe quelle épaisseur et forme (si le pistoleur...) par couches superposées, et de retravailler la matière durcie avec tous les outils à bois, notamment les rapes Stanley SURFORM, de rajouter, etc, puis finir avec des autres produits plus durs ou caoutchouteux.
 
Le prix du produit déposé est (notamment) proportionnel à la quantité de matière, et donc à la densité. Or, la qualité à long terme va aussi avec la densité.  Evitez (je peux détailler sur demande, c'est assez technique) les densités sous 40 Kg/m3. Favorisez même 50Kg /m3.  Exigez des échantillons avant de signer et pendant le travail. Définissez le fini souhaité et promis: le pistolage de mousse (qui gonfle donc à l'application, et donc chaque défaut de pistolage est multiplié par le coefficient de gonflage, soit par 30 ou 20!) est particulièrement peu facile, et le coup de main est très différent d'un pistoleur à l'autre. Et dépend de son expérience...

Je ne peux que vous conseiller de prendre garde aux éventuels applicateurs qui ont une expérience dépassant le temps que mettent les ennuis à arriver.  Il faut savoir que contrairement à la plupart des procédés, la mousse est constituée chimiquement au moment de l'application. Les conditions locales, méthodes pour les maitriser, etc., sont donc d'une importance absolue. Cette maitrise, et la compréhension des influences, causes, etc, par le personnel d'application sont tout aussi importantes.  La conception, comme en toute chose, doit également avoir prévu le régime du climat intérieur, et décider comment le maitriser afin d'éviter tout transfert de vapeur d'eau au sein de l'isolant.  Ces problèmes en sont quand on les ignore. 
Il y a pour le moment une vague de firmes qui se sont établies "mousseurs" pour isoler sous chape, achetant un package machines que nous refuserions d'utiliser, qui ont suivi quelques heures ou jours de formation, et dont les plus anciens (2 et 3 ans) commencent à voir les problèmes... A évaluer avec prudence si ils maitrisent les problème de transfert de vapeur, s'ils ont déjà fait du naval, des coques métalliques, etc.
 
Certaines qualités sont M1 suivant l'ancienne règlementation, càd pratiquement ininflammable: je ne viserais pas moins.

Comme il y aura toujours de la vapeur d'eau dans l'air intérieur, et souvent la coque plus froide, il y aura toujours de risque de migration de vapeur d'eau au travers du matériau. Les quantités et vitesses de trasfert se calculent (comme tout le reste) et ne sont pas "bonne" ou "mauvaise", mais acceptables ou non. Avec les autres matériaux isolants, c'est pratiquement ingérable. Avec la mousse pistolée, un bon pare-vapeur peut etre pistolé sur la surface (à claculer quoi et combien, d'après sa de perméabilité). Enfin, on peut aussi terminer en pistolant l'un ou l'autre coating épais ou non, très costaud ou non, mono ou bi-composant, pour par exemple avoir une surface finie comme une baignoire, permettant de nettoyer l'intérieur du bateau au karcher si l'on veut: on fait ainsi les chambres froides des bateaux de pêche notamment.
 
Les avantages de la mousse pistolée: pas de joints, collage parfait, pas de passages d'air dans les joints inexistants, pas de passage de vapeur d'eau, le meilleur coefficient d'isolation connu, moins d'épaisseur pour le même résultat, résultat réel conforme au calcul (impossible avec un matériau discontinu en plaques), etc. En bref: l'isolant thermique parfait.
Les défauts: pointu et dépend de l'applicateur, succès ou cata à la clé, évitez ceux qui "ont une machine depuis 2 ans" ou qui n'ont pas fait beaucoup d'industriel ou de marine avec la pratique du controle de qualité à la clé.
 
On peut bien sur varier suivant les besoins: intégrer (avec ou sans pont thermique) les lisses de l'aménagement intérieur, les tuyauteries diverses, les pentes vers la pompe de cale, le frigo et congélateur, les crash-box et...la flottabilité! Insubmersible ou incoulable ou redressable vide ou plein d'eau, tout cela se calcule et se combine avec les autres avantages... Insubmersible signifie que votre batyeau coupé en 2 sera toujours plus sur qu'un radeau de sauvetage (tant décrié par les profezssionnels d'ailleurs).

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