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Un concept basé sur les maisons mal conçues



En accord avec la physique et le bon sens :

Isolation et santé

Trop isoler serait-il mauvais pour la santé ? Ne faut-il pas laisser « respirer » les murs ?

  • Trop isoler est dangereux pour la santé
  • Il faut laisser les murs respirer
  • Certains isolants permettraient de laisser « respirer » les murs.

Idée reçue n°1 : trop isoler est dangereux pour la santé
Voilà quelques clichés qui circulent notamment sur Internet :

  • à force de vouloir trop isoler, la maison ne respire plus,
  • isolation ne doit pas être synonyme d’imperméabilité totale,
  • il faut laisser respirer la construction,
  • trop d’isolation est mauvais pour la santé et crée des problèmes d’humidité.

Tout ceci est absolument faux : ce n’est pas l’isolation qui est dangereuse, c’est l’absence de ventilation de l’habitation. Il n’y a d’ailleurs pas d’isolation performante sans ventilation maîtrisée.

Un bâtiment bien isolé, c’est un bâtiment qui met en œuvre des isolants performants bien posés (importance de la qualité de la mise en œuvre) et qui est bien étanche à l’air : les calories ne doivent pas s’échapper par des lames d’air parasites.

Un système de ventilation maîtrisée (ventilation mécanique hygroréglable ou double flux) permet :

  • de maîtriser les déperditions liées au renouvellement d’air (ventiler mécaniquement fait consommer moins d’énergie qu’ouvrir les fenêtres);
  • de garantir la qualité de l’air intérieur en renouvelant l’air (= garantir une bonne hygiène de l’air);
  • d’évacuer en dehors du bâtiment la vapeur d’eau produite par les occupants et leurs activités quotidiennes (= traiter l’humidité pour protéger le bâti) et d’apporter du confort aux occupants : en particulier en été, lorsqu’il fait chaud, seule une sur-ventilation nocturne peut rafraîchir le bâtiment et donner du confort aux occupants.


Idée reçue n°2 : il faut laisser les murs respirer

Est-il utile de rappeler que les parois ne « respirent » pas ? Si on applique à la lettre le principe « des murs respirants», on obtient une épave thermique , c’est-à-dire un bâtiment qui n’est plus étanche à l’air et ne peut donc assurer un confort suffisant.

On confond en fait, étanchéité à l’air des parois et comportement à la vapeur d’eau. Or, lutter contre l’accumulation de l’humidité dans les matériaux et favoriser l’évacuation de la vapeur d’eau vers l’extérieur est indispensable. Ce n’est donc pas de "l’air" dont il faut parler, c’est la régulation de l’hygrométrie et donc de la régulation de la vapeur d’eau à l’intérieur du logement.

Pour prévenir les dégâts dans le bâtiment et les moisissures, il faut :
- éviter d’accumuler l’humidité dans les parois de la construction : utiliser un pare vapeur pour empêcher la vapeur d’eau de migrer depuis l’intérieur du local dans la paroi où elle va condenser.
- faciliter l’évacuation de l’humidité et de l’air vicié de la construction en:

  • réalisant une ventilation générale et permanente contrôlée (VMC, double flux global ou par pièce);
  • respectant les règles de l’art lorsqu’elles exigent des lames d’air de ventilation avant la réalisation de l’isolation de la paroi;
  • réalisant une mise en œuvre d’un pare vapeur « intelligent » qui, l’été, laisse ressortir la vapeur d’eau de la paroi.


Idée reçue n°3 : certains isolants permettraient de laisser « respirer » les murs

On peut lire parfois que certains isolants d’origine végétale ou animale sont perméables à l’eau, hydrophiles et laisseraient « respirer » la maison. Ils réguleraient l’hygrométrie naturellement, sans pare-vapeur, créant une atmosphère agréable et confortable.

Soyons sérieux : aucune technique de construction, d’isolation ou matériau ne peut remplacer une ventilation (efficace) du logement. Aucun matériau et aucune paroi ne peut absorber, ni évacuer l’air vicié et la vapeur d’eau ou le monoxyde de carbone qui proviennent de la respiration, cuisson, combustion, lavage….

L’humidité (vapeur d’eau) présente dans une habitation et qu’il faut évacuer, représente plus de 100 fois ce que la surface des isolants d’origine animale ou végétale sont capables de stocker. Une famille et ses activités dégagent en moyenne 12 litres de vapeur d’eau par jour !
Les laines minérales de verre ou de roche ont d’ailleurs la même perméance à la vapeur d’eau que les isolants à base végétale ou animale (bois, mouton, plumes, chanvre, lin…). Mais tout comme eux, ils nécessitent la mise en place de frein de vapeur ou de pare vapeur ainsi qu’une excellente étanchéité à l’air pour garantir la pérennité du bâti. Seule la ventilation permet d’évacuer l’air vicié et de faire rentrer la quantité d’air propre nécessaire au confort et à la qualité de vie.

Pourquoi voulez-vous de la ”perspirance” dans votre mur?



Cela n’apporte rien de notable. La perspirance (”respirer”) est utile pour un mur mal conçu c’est-à-dire qui laisse entrer dans son épaisseur la vapeur d’eau qui n’a rien d’utile à y faire. En effet dès lors que la vapeur d’eau du côté chaud rentre dans le mur il faut pouvoir la laisser ressortir, et donc pour cela, il faut que chaque couche suivante du côté extérieur soit plus perméable que la précédente, et cela suivant un calcul, et non une vague impression. Cela veut dire que à chaque matériaux suivant vers l'extérieur vous avez de moins en moins de choix. Pas très malin. 

Si du côté intérieur, vous mettez un pare-vapeur, on peut considérer que le mur ne respire pas, ou très peu, et que la nature des matériaux extérieure a d’autant moins d'importance. Remarquez bien que quand on dit pare-vapeur, on suppose qu’il a une valeur et efficacité au moins égale à ce qui est nécessaire, et jamais on ne dit qu’il ne doit pas être parfait. Cela veut dire qu'il peut être parfait sans que ça présente un quelconque problème. Dans ce cas, la perméabilité de l’ensemble du mur et zéro, et donc l’ensemble, et chacune des couches, peut être de perméabilité zéro. Autrement dit, un mur qui ne respire pas du tout. Ce qui ne pose aucun problème si l’isolation est bien réalisée. 

On a tendance à confondre les problèmes venant des défauts du passé avec les besoins présents ou futurs. 

Une fois qu'on sait que la perméabilité n'est pas une qualité, mais une réponse à un problème qui n'existe plus, il est malin de se débarrasser la chose et de penser en termes de mur non perméable. 

Les arguments que la perméabilité du mur serve à réguler l’humilité intérieure sont inexacts: le calcul, les expériences, et le labo montre que l'effet de la régulation d'un mur perméable se limite à quelques pour cent de la régulation éventuellement nécessaires dans un bâtiment correctement conçu. De plus, marrant, il est facile de montrer que par exemple la couche de briques intérieure est largement moins régulante de l’humidité que la même couche d'air dont elle prend la place, donc si vous voulez mieux réguler, retirez ces briques et profitez-en pour une pièce plus grande ! 

D’autant plus que ces briques elles servent surtout à porter le poids des briques qui sont encore au dessus : une maison bien conçue et sans défauts peut peser jusqu’à 20 à 30 faut moins qu'une maison traditionnelle, c'est donc un peu bébête, et sûrement coûteux en énergie grise écolo, et en argent, de balader du poids qui sert à porter du poids et qui ne sert a rien à la fonctionnalité de la maison. 

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